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7. AUTRES REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES De nombreux livres ont été écrits sur Jacques Cur. Une liste exhaustive est présentée en BIBLIOGRAPHIE. Certains historiens et écrivains modernes évoquent ses pratiques alchimiques, même son appartenance à la Rose Croix. Force nous est de constater deux tendances, presque deux camps : les historiens dun côté, les alchimistes opératifs de lautre. Les premiers sont peu diserts sur le sujet. Dans lensemble, ils lui consacrent au mieux quelques lignes dans des ouvrages par ailleurs exhaustivement documentés. Lorsquils le font, il est clair quils sont pressés den terminer. Il est évident que là nest pas leur propos. Les seconds, pratiquant lune ou lautre forme de lalchimie, rompus au langage des symboles qui permet de la décrypter, décrivent en abondance les signes gravés dans la pierre par le Grand Argentier. Ils les commentent comme un livre ouvert dans lequel ils peuvent lire, dévidence, avec grande clarté. Si nous prenons le temps détudier ces seconds, de comparer leurs interprétations, nous constaterons, même si nous ne la comprenons pas, quune logique commune sen dégage. Ne nous targuons pas de juger des hommes tels que Fulcanelli et Eugène Canseliet, qui ont abondamment évoqué Jacques Cur sous cet angle, sous prétexte quils pratiquaient lalchimie. Leur érudition nest plus à prouver et il y a fort à parier que leur pratique alchimique navait rien à lui envier. Posons-nous simplement une question : pourquoi ce manque dun côté, cette abondance de lautre ? Tentons, lesprit ouvert, de nous situer à mi-chemin pour mieux observer les signes dune pratique hermétique chez le Grand Argentier. PIERRE BOREL Parmi les références les plus anciennes, la plus intéressante est sans conteste celle de Pierre Borel car elle fait référence à un ouvrage de « chimie transmutatoire » écrit de la main même de Jacques Coeur. Petrus Borellius, étudiant en médecine à Montpellier, réputé pour être alchimiste lui-même, cite dans sa Bibliotheca Chimica un ouvrage de Jacques Cur, « Chimia Transmutatia extat Monspelii Gallice Conscriptum », dans la Bibliotheca D. de Rudavel senatoris, manuscrit donc dalchimie transmutatoire qui aurait appartenu à un sénateur montpelliérain. Cet ouvrage « Bibliotheca Chimica » de Pierre Borel, est cité, page 60, dans le « Catalogus Librorum Philosophicorum Hermeticorum » aux Editions Georg Olms, 1969. 12. BERNARD CHAUVIERE développe l'extrait du TRESOR DES ANTIQUITEZ FRANCAISES ET GAULOISES de Pierre Borel décrivant l'entrée d'un immeuble de Jacques Coeur à Montpellier qui pourrait en fait avoir été la Loge de Montpellier aujourd'hui disparue. REFERENCES MODERNES René BOUVIER «Un financier colonial au XVème siècle, Jacques Cur », éditions Honoré Champion 1928, page 18 : « Il triomphe de tout. En vingt ans, il devient grand armateur, pousse ses « galées fleurdelysées dans les mers estranges, vers toutes les villes de Méditerranée orientale, forme des cadres hors pair ; et le succès est si éclatant, si insolite, que daucuns murmurent quil possède peut-être bien le secret de la pierre philosophale. » Page 67, au sujet de lédifice de Jacques Cur à Montpellier, décrit par P. Borel plus haut : « Un écrivain du XVIIème siècle nous en a laissé la description suivante : « On y voit trois portails faits en forme de fourneaux, comme ceux de Nicolas Flamel. A lun il y a, dun côté, un soleil plein de fleurs de lis et de lautre une lune pleine aussi de fleurs et de lis, et entourée dune couronne dépines, qui semblent dénoter la pierre solaire et lunaire venues à leur perfection. A lautre portail, on voit dun côté un arbre fruitier, ayant au pied des branches de roses, et dudit arbre pendant les armes de Jacques Cur dans un écusson ; de lautre côté, il y a le caractère chimique du soleil. Au troisième portail, qui est celui du milieu, il y a dun côté un cerf qui porte une bannière, ayant un collier fleurdelysé, environné dune branche darbre ou matière des philosophes qui, au commencement, est volatile et légère comme le cerf, et de lautre, il y a un écu de France soutenu par deux griffons. » Georges Bordonove reprend cette même description sans citation de lauteur originel. Edmond JONGLEUX « Jacques Cur, citoyen de Bourges », Librairie Aux Enfants, page 15 : « Bientôt, il sera le personnage le plus puissant du royaume. Aucuns ont cru, dit la Thaumassière, à cause de ses grandes richesses, quil avait la pierre philosophale. Lexplication ne manque pas dun certain piquant ; Jacques Cur a seulement de la volonté, le sens des affaires et de la chance. » Page 40, il cite Michelet, sensible à latmosphère particulière du palais : « Il faut, dit Michelet, visiter la curieuse maison de ce personnage, maison pleine de mystère comme fut sa vie. » Michelet fait-il allusion aux mystères de lalchimie ?
Michel MOLLAT Dans « Jacques Cur ou lesprit dentreprise », éditions Aubier, 1988, page 370-374, cet historien, sans conteste celui qui a le plus évoqué les facettes occultes du personnage Coeur sans les approfondir, écrit : « Une phrase relevée dans une lettre de lArgentier éveille la curiosité et suscite une dernière énigme : « Je scay bien que la conqueste du Saint Graal ne se peut faire sans moy. » La lettre est adressée à deux conseillers du Roi, de Montpellier, le 15 février 1447. Elle concerne les affaires, alors compliquées, de Gênes. Linterprétation la plus simple de cette allusion repose sur une tradition, fort en honneur en cette ville, selon laquelle le Graal serait une coupe démeraude, conservée à la cathédrale, le Sacro Catino. Sa conquête signifierait la domination sur Gênes. Mais Jacques Cur najouterait-il pas à cette signification symbolique toute la charge mythique du Graal ? » Michel Mollat ajoute, évoquant les rumeurs de pratique alchimique : « Dans sa génération, il en était qui, bien au-delà de lastrologie alors répandue, cédaient aux phantasmes de lésotérisme. Autour de Jacques Cur rôdaient des gens adonnés aux sciences occultes. Le rôle sinistre dOtto Castellani, qui voulut le faire envoûter, est connu. Certains croient que Jacques Cur lui-même pratiquait lalchimie. Une littérature, plus abondante que convaincante, lassure avec des arguments dont la démonstration demeure hypothétique. Pour avancer quil ait effectivement cherché la pierre philosophale, on a interprété, avec une certaine pertinence, il est vrai, quelques devises et symboles gravés dans la pierre des maisons de Bourges et de Montpellier, ainsi que certains reliefs et certaines scènes peintes sur les murs. Il y a peu de chances de trouver des preuves documentaires et lassimilation du Graal avec la pierre philosophale a été rejetée. » Il est étonnant de noter que cet historien, sans conteste le plus grand spécialiste de Jacques Cur, avide den éclairer les moindres aspects, na pas eu la curiosité daller plus avant dans ses recherches sur ce sujet. Sans aucun doute pense-t-il à Fulcanelli ou Eugène Canseliet en parlant de littérature plus abondante que convaincante, et dinterprétation donnée « avec une certaine pertinence, il est vrai ». Si ces interprétations ne sont pas convaincantes à ses yeux, elles le sont néanmoins pour des alchimistes opératifs. Il semble ignorer lexistence de la Bibliotheca Chimica de Pierre Borel qui représente en soi un élément documentaire important laissant lespoir aux chercheurs de retrouver un jour le manuscrit dalchimie transmutatoire de Jacques Coeur. Sil est vrai que pierre philosophale et Saint Graal sont considérés comme deux concepts différents, ils sont parfois assimilés lun à lautre dans lesprit des alchimistes, la pierre philosophale étant leur saint Graal. Nous retrouvons avec le Graal et une étape de la Pierre Philosophale, lévocation claire à lémeraude, couleur à fort pouvoir évocateur chez les alchimistes, témoin la Table dEmeraude, texte dHermès Trismégiste, patron des alchimistes. N'oublions pas la lettre de Jacques Coeur : "la quête du Saint Graal ne se fera pas sans moi"... Cette affirmation péremptoire m'a guidée pour faire de l'émeraude, dans le roman que je lui ai consacré, la couleur (non connue) des yeux du Grand Argentier. Jacques-Henri BAUCHY « Jacques Cur, roi sans couronne », Horvath, 1969, page 66 : « On comprend que le marchand de Bourges ait fort intrigué ses contemporains. Détranges bruits circulaient à son sujet. Certains voyaient en lui un alchimiste et prétendaient que, dans ses mines du Beaujolais, dans le secret de ses hôtels, de ses châteaux, sous lalibi de ses comptoirs, il recherchait la pierre philosophale. Folies que tout cela, nous le savons maintenant. Mais de telles rumeurs prouvent à quel point le personnage intriguait son siècle et son pays. Encore vivant, Jacques Cur faisait corps avec la légende. » Georges BORDONOVE « Jacques Cur et son temps », éditions Pygmalion, 1977, p. 75. Georges Bordonove cite l'extrait de Pierre Borel sur l'immeuble de Montpellier (voir ci-dessus et 12.BERNARD CHAUVIERE), qui habitait Montpellier et avait fait un travail de recensement important des uvres alchimiques. A linverse de René Bouvier, il commente : « Nicolas Flamel passait, comme on sait, pour avoir retrouvé la pierre philosophale qui convertissait le plomb en or. Cétait un alchimiste, voilà, le mot est lancé ! Jacques Cur fut, lui aussi, soupçonné davoir possédé le fameux secret ; on préférait expliquer sa rapide fortune de la sorte, plutôt que de reconnaître sa supériorité intellectuelle et son prodigieux labeur. Les tenants de lésotérisme ont largement commenté le symbolisme des trois portails décrits ci-dessus. Ils y ont vu la preuve, évidente pour eux, de la qualité dAdepte de Jacques Cur. On notera cependant que le soleil et la lune du premier portail ont toujours été les signes héraldiques du Languedoc et quils figuraient dans les sceaux des Comtes de Toulouse avec la célèbre croix perlée. » Page 76, lhistorien reprend les différents symboles en donnant leur lien avec lhéraldique « officielle » : « Jignore si le cerf ailé du troisième portail symbolise « la matière des philosophes », mais je sais quil était le signe personnel de Charles VI et de Charles VII. » Et peu après : « mais lalchimie ajoutait aux crimes de Jacques Cur, en tout cas le rendait suspect aux yeux de lEglise, ce qui facilitait la tâche de ses détracteurs. » Le cerf ailé figure également, avec une biche pareillement ailée, sur un bas-relief fleurdelysé de la salle dapparat du palais Cur. Est-ce une référence volontaire de Jacques Coeur au roi dit fou, mais bien alchimiste, Charles VI et à son 5. OEUVRE ROYALE ?
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