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JACQUES COEUR DE BOURGES |
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4. Eugène CANSELIET Eugène Canseliet a souvent évoqué Jacques Cur lors de conférences ou dans des articles écrits pour la revue Atlantis. Avançant dans mes propres recherches sur Jacques Cur au fil des ans, j'ai pu voir combien ses remarques étaient pertinentes et sa vision d'ensemble juste. Elles laissent à penser qu'il a longuement étudié la vie du Grand Argentier ou qu'il a eu accès à des documents qu'il ne cite pas. Touchée par le lien qui existait entre ces deux hommes à travers le temps et l'espace, je me suis inspirée de ce grand érudit alchimiste pour le personnage de Silvère de Lignières dans l'Homme aux yeux d'émeraude. Je reprendrai plus tard tous les éléments dont a parlé Eugène Canseliet sur la vie de Jacques Cur. DEUX LOGIS ALCHIMIQUES, éditions Pauvert, 1979 Page 119 :
Page 176 :
Monsieur Canseliet semble ignorer les références annoncées par Pierre Borel sur l'existence d'un supposé manuscrit d'alchimie écrit par Jacques Cur. Ce manuscrit ne contredirait en rien la nécessité du secret dans la mesure où, s'il existait, dans le cadre de la transmission directe, il était très probablement réservé aux aspirants alchimistes élèves de l'Argentier. Page 178 :
LUNE ET CERFS VOLANTS Page 217 : " Principalement, nous y insistons, le croissant de la Lune en ascendance et soulignant la condition sine qua non d'exécution, que Dieu posa en obstacle, fréquemment insurmontable, à la diabolique avidité des indignes. C'est dans le même dessein d'hermétique enseignement que l'alchimiste Jacques Cur fit sculpter des cerfs-volants sur le tympan d'une des portes de la grand'salle, en son palais de Bourges. " Certains détails du palais évoquent clairement l'importance de la Lune, " reine de la nuit " et de ses phases, notamment le blason lunaire de la chapelle. COQUILLE SAINT JACQUES Page 253 : " Dans la forme la plus antique, que conserva le Moyen Age, avec ses deux rangées de dents, le peigne, en son commun office, simule la fonction du mercure dans l'uvre. Effectivement, le fidèle serviteur attire à soi l'Esprit du Monde - Spiritus Mundi ; il le retient, le lisse et le caresse afin de former avec lui cette " eau sèche ne mouillant pas les mains " et dans laquelle éclatent la pureté et la beauté. C'est la dualité de la coquille ou du " peigne de Jacques ", pecten Jacobeus - qui fut chère au Grand Argentier de Charles VII et dont Fulcanelli élucida le mystère, dans son premier ouvrage, après qu'il eut longuement visité, à Bourges, le beau palais Jacques Cur. En conséquence, il serait utile que le néophyte relût, en cet endroit, les lignes si charitables du " Mystère des Cathédrales ", et qu'il effectuât ainsi un fructueux rapprochement. Particulièrement avec la division huitième qui, dans le même volume, est consacrée à " la Vierge sur le point d'enfanter - Virgini Pariturae ". Page 316 : " Au demeurant, la licorne tient lieu du livre ouvert que la Vierge a souvent auprès d'elle, dans l'iconographie peinte ou sculptée de l'Annonciation. Celle que Jacques Cur fit représenter, au-dessus de la porte de la chapelle, en son palais de Bourges, se montre de loquacité grandement extraordinaire ". L'ALCHIMIE EXPLIQUEE SUR
SES TEXTES CLASSIQUES Page 184 Commentaire
Illustration p. 183 haut relief tympan de porte entrée
de la chapelle, palais Cur : Page 187 : " La mission fameuse de Gabriel fut figurée, par Jacques Cur, d'une manière à ce point hermétique, que nous nous sommes bien souvent interrogé, quant à toute preuve pouvant être plus évidente encore, devant ceux-là qui nient que le Grand Argentier ait été possesseur de la Pierre Philosophale. Comment Jacques Cur aurait-il pu parler plus clairement et davantage ? " Page 188 : " Certes, le tympan de la chapelle du palais de Jacques Cur, à Bourges, est vraiment extraordinaire et pour que l'étudiant puisse l'admirer et l'étudier à loisir, nous lui en soumettons l'image ici La Vierge juvénile, agenouillée sur un coussin, pose sa main gauche sur le livre ouvert que maintient un angelot. De la dextre, elle a relevé son lourd et long manteau, tandis qu'elle écoute, attendrie, la salutation de l'ange qui tient le phylactère montrant en oblique : " Ave Maria gratia plena. " Page 189 : " Du vase, placé entre l'ange et sa souveraine, s'élève la haute tige d'un lis, dont les feuilles semblent être des flammes et qui se partage, à l'extrémité, en trois magnifiques corolles. Symboles de la pureté, ces fleurs rappellent les trois réitérations qui, aussitôt que le mercure est séparé, le purifie par le feu et le sel. La Vierge qui était noire est devenue blanche. L'appui que Marie prend sur le volume ouvert est complice de son regard à l'ange Gabriel et rejoint le geste du Tout-Puissant barbu pointant son index droit sur notre globe crucifère Emblème de l'esprit, une colombe semble unir, dans son vol, le globe avec le livre ouvert et descendre sur celui-ci, afin de signaler que la matière est maintenant animée et que, par suite, elle est devenue la " terre feuillée ". L'attachement de Jacques Cur, outre son lien avec l'Eglise, au thème de la Vierge accompagnée du vase aux trois lys est peut-être une réminiscence de son enfance dans le quartier de la Parerie, tout proche de l'église Notre Dame. Il demande même à Filippo Lippi d'exécuter un tableau représentant l'Annonciation et portant ses trois curs. C'est également le thème du vitrail qu'il fait représenter dans sa chapelle privée, cathédrale Saint Etienne. Deux personnages importants aux yeux de Jacques Cur entourent Marie et l'ange Gabriel, Saint Jacques de Compostelle et Sainte Catherine d'Alexandrie. Nous avons noté par ailleurs l'importance stratégique de cette sainte dans la destinée de Jacques Cur puisque sa mort officielle est déclarée le 25 novembre 1456, jour de Sainte Catherine d'Alexandrie, élément qui nous a fait dire que s'il avait organisé en finesse sa sortie de l'Histoire il n'aurait pas trouvé date mieux choisie que le jour de sa sainte préférée. Les deux thèmes sont traités dans 10. LE LIVRE DE PIERRE DE JACQUES CUR. ALCHIMIE, ETUDES DIVERSES DE SYMBOLISME HERMETIQUE, EDITIONS PAUVERT, 1978
Pages 280-286
FIGURE GAUCHE Après quelques citations tirées d'ouvrages classiques de la science hermétique confortant son propos, Eugène Canseliet ajoute : " Sur notre sculpture, l'opérateur supporte de la main gauche le livre fermé qui est l'emblème de la matière vierge et qui, ouvert, deviendra celui de la matière fécondée. Cette phase première est très importante, par laquelle va spécialement attirer l'attention la cloche suspendue à la pointe de l'ogive et mise en branle, parmi toutes celles apportant, sur leur volée, l'uf des Pâques joyeuses. Le troisième personnage, à gauche, malade et nécessiteux, qu'il soit humain ou figure le vil métal, attend de l'union apparemment irréalisable, l'universel remède à la pluralité de ses maux ... " FIGURE CENTRALE Eugène Canseliet, page 286 : " Pour nous, au contraire, l'attitude du trio mystérieux semble plutôt éveiller l'idée de son départ, après une occupation terminée. L'acteur se tenant à droite, tête nue, recouvre d'une lourde draperie la masse carrée qui paraît être à la fois autel et fourneau et dont la paroi demeurée visible est décorée d'un curieux symbole : dans le matras luté, sans col et à la panse épaisse, se voit un cur, lui-même chargé d'une coquille et surmonté d'une croix, ainsi donc, symboliquement, le soufre, le mercure et le creuset, qui expriment ensemble la double matière, c'est-à-dire le rebis ou amalgame des philosophes, prête à subir l'action du feu. Au centre du caveau, dans l'axe de la voûte, un homme de condition, après avoir replacé dans son étui d'étoffe rappelant fort le manipule du prêtre, quelque précieux manuel, ajuste sur sa tête son riche chaperon fourré, tout en élevant une fois encore, vers les cieux invisibles, un éloquent et long regard. Le personnage de gauche, satisfait et serein, les yeux résolument fermés sous l'injonction du secret, s'éloigne à tâtons et palpe la muraille, de sa dextre légèrement ouverte, tandis qu'il serre, dans sa main gauche, une bourse allongée, parfaitement remplie. Dans celle-ci, comme dans le coffre, est rangé le salaire reçu de Dieu seul, licite entre tous puisqu'il ne saurait découler d'aucune spéculation " FIGURE DEXTRE Page 290 : " L'uvre philosophique n'est pas interdit aux femmes Les trois dames de qualité, conduites par un jeune garçon paraissant bien le même que celui qui tire la cloche, ont-elles assisté à l'office alchimique ou bien, jugées indignes d'entrer dans le laboratoire, ont-elles été détournées par le maître de céans, vers quelque distraction insignifiante et puérile ? Mais nous tendons à croire que Jacques Cur ait voulu rappeler lui aussi, par cette scène, le travail des femmes, le jeu des enfants, que nombre d'auteurs comparèrent à l'élaboration philosophale "
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