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sur Jacques Coeur :
INSTITUT
KHEPERA
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3. FULCANELLI
Fulcanelli est sans aucun doute
l'alchimiste qui, au vingtième siècle, qui a le
premier mis l'accent sur les liens de l'uvre artistique
de Jacques Cur avec l'alchimie. Les deux livres dans lesquels
il décrit certaines représentations de Bourges,
" les demeures philosophales " et "
le mystère des cathédrales ", sont consacrés
à la tradition iconographique de cette pratique hermétique
sous ses différents aspects. Son disciple, Eugène
Canseliet, a continué cette voie et s'est également
intéressé à Jacques Cur dont il a
souvent parlé dans ses livres, mais également dans
la revue Atlantis.
LES DEMEURES PHILOSOPHALES,
Editions Pauvert, 2001
Vol. I, page 358, Fulcanelli
évoque l'appartenance de Jacques Cur à l'Ordre
de la Rose-Croix dont certains adeptes, comme les Templiers,
pratiquent l'alchimie :
" Les véritables
Rose-Croix
ne craignent point d'être jamais connus,
pas même de leurs confrères. Quelques-uns, pourtant,
occupèrent de brillantes situations : d'Espagnet, Jacques
Cur, Jean Lallemant, Louis d'Estissac, le Comte de Saint
Germain sont de ceux-là ; mais ils surent si adroitement
masquer l'origine de leur fortune que nul ne sut distinguer le
Rose-Croix sous les traits du gentilhomme. "
Vol. II, pages 177, 178 Illustration
des trois arbres, tour du palais Jacques Cur, Bourges.
Planche XXXV. Fulcanelli le présente comme " l'engagement
secret ".
Pages 216 à 218, Fulcanelli commente le panneau de pierre
:
" Le palmier et le dattier,
arbres de la même famille, étaient connus des Grecs
sous le nom de Phoenix, qui est notre phénix hermétique
; ils figurent les deux magistères et leur résultat,
les deux pierres blanches et rouge, lesquelles n'ont qu'une seule
et même nature comprise sous la dénomination cabalistique
de phénix. Quant au figuier occupant le centre de la composition,
il indique la substance minérale d'où les philosophes
tirent les éléments de la renaissance miraculeuse
du phénix, et c'est le travail entier de cette renaissance
qui constitue ce que l'on est convenu d'appeler le Grand uvre
Ces différents éléments se rapportent parfaitement
au " sujet des sages " et à la technique de
" l'art bref " que Jacques Cur paraît avoir
pratiquée. "
Les paragraphes suivants évoquent
clairement les figures hiéroglyphiques d'un des piliers
sur croisées d'ogives de l'entrée de l'hôtel
Jacques Cur, à Montpellier (de nos jours Hôtel
des Trésoriers de France, qui abrite le Musée Languedocien),
ainsi que le thème du chêne souvent repris par le
Grand Argentier et le fou de la scène de Tristan et Yseult,
chambre du trésor, palais de Bourges :
" En effet, lorsque l'artiste,
témoin du combat que se livrent le rémora et la
salamandre, dérobe au monstre igné, vaincu, ses
deux yeux, il doit ensuite s'appliquer à les réunir
en un seul. Cette opération mystérieuse, facile
toutefois pour qui sait utiliser le cadavre de la salamandre,
fournit une petite masse assez semblable au gland du chêne
Cela nous fournit l'explication du gland et du chêne, que
l'on rencontre presque toujours dans l'iconographie hermétique
; du cur, des figues, du figuier de Jacques Cur ;
du grelot, accessoire des marottes de fous, des grenades, poires
et pommes
"
Un passage retient l'attention
et donne un sens à un détail du balcon de la loge
aux musiciens, représentation d'un aigle passé
inaperçu du visiteur pressé :
" L'uf du phénix qui est notre uf
philosophique. C'est lui qui reproduit l'aigle fabuleux d'Hermès,
au plumage teint de toutes les couleurs de l'uvre, mais
parmi lesquelles domine le rouge. "
LE MYSTERE DES CATHEDRALES
Dans cet ouvrage, à partir
de la page 175, Fulcanelli reprend certains éléments
des deux monuments les plus intéressants de Bourges au
point de vue iconographie alchimique : le palais Jacques Cur
et l'Hôtel Lallemant.
" Bourges, vieille cité
berrichonne, silencieuse, recueillie, calme et grise comme un
cloître monastique, déjà fière à
juste titre d'une admirable cathédrale, offre encore aux
amateurs du passé d'autres édifices également
remarquables. Parmi ceux-ci, le palais Jacques Cur et l'Hôtel
Lallemant sont les plus purs joyaux de sa merveilleuse couronne.
Du premier, qui fut jadis un véritable musée d'emblèmes
hermétiques, nous dirons peu de choses
"
Tout au long des pages 178 à
182, Fulcanelli développe certains éléments
du palais Cur. Nous ne reprendrons que quelques courtes
citations, nous étant inspirés dans nos deux livres
de ce travail, comme de celui d'Eugène Canseliet. Bien
que certains passages soient cités dans ( LIEN) LE LIVRE
DE PIERRE DE JACQUES CUR, nous ne pouvons qu'inciter le
lecteur intéressé à partir lire à
la source.
Page 178 :
" Jacques Cur,
grand argentier de Charles VII, qui fit construire la demeure
au quinzième siècle, eut la réputation d'un
adepte éprouvé. David de Planis-Campy (médecin
de Louis XIII) le cite en effet comme possédant "
le don précieux de la pierre au blanc ", en d'autres
termes de la transmutation des métaux vils en argent.
D'où peut-être sa qualité d'argentier. Quoi
qu'il en soit, nous devons reconnaître que Jacques Cur
mit tout en uvre pour accréditer, par une profusion
de symboles choisis, sa qualité vraie ou supposée
de philosophe par le feu. "
Plus loin, évoquant le
blason et la devise du Grand Argentier, il ajoute :
" Notre conviction est
donc que Jacques Cur a pratiqué lui-même l'alchimie,
ou du moins qu'il a vu élaborer sous ses yeux la "
pierre au blanc " par le fer " essencifié "
et trois fois cuit. "
Il est certain que l'argent a
été le fil directeur de la vie de Jacques Cur,
depuis ses premiers pas de monnayeur, dès la première
date connue, 1427, jusqu'à sa condamnation en 1453. L'un
des griefs majeurs du procès était d'avoir illégalement
exporté de l'argent du royaume français et d'être
aller le fondre à Rhodes. Il s'en est défendu en
disant que pour un marc d'argent exporté il avait fait
entrer un marc d'or. Les historiens ont évalué
à 120 kilos environ la charge d'argent qui sortait à
chaque voyage de galée. On peut aisément imaginer
les bénéfices dégagés par un échange
poids pour poids argent contre or. Dans cette ligne, il apparaît
évident que la possibilité qu'offrait le port de
Marseille d'exporter de l'argent facilement ait pesé lourd
dans la décision de Jacques Cur et Jean de Village
de déplacer leurs affaires de Montpellier à Marseille.
L'intérêt que Jacques Cur portait à
la mine de plomb argentifère de Pampailly, aux mesures
exceptionnelles qui s'y pratiquaient et aux avantages étonnants
des ouvriers, s'expliquerait-il par sa connaissance de l'uvre
au blanc qui aurait pu lui permettre tout simplement d'augmenter
les rendements ? N'est-il pas étrange que Jacques Cur
ait tant fait pour cette mine et ses ouvriers alors que le Procureur
Dauvet, l'ayant jugée déficitaire, la fit fermer
? Certaines particularités de cette mine surprennent encore
aujourd'hui les géologues. Nous attendons les commentaires
de l'un d'entre eux qui nous a dit un jour : " la mine de
Pampailly est la mine d'Europe où on a fait le plus de
recherches. Elles ne sont pas terminées."
A suivre donc...
LE COEUR (Page 178) :
" Chacun connaît
le blason et la devise de ce haut personnage ; trois curs
formant le centre de cette légende, présentée
comme un rébus, A vaillans cuers riens impossible. Fière
maxime, débordante d'énergie, qui prend, si nous
l'étudions selon les règles cabalistiques, une
signification assez singulière. En effet, lisons CUER
avec l'orthographe de l'époque, et nous obtiendrons à
la fois : 1° l'énoncé de l'Esprit Universel
(rayon de lumière) ; 2° le nom vulgaire de la matière
basique ouvrée (le fer) ; 3° les trois réitérations
indispensables à la perfection totale des deux Magistères
(les trois cuers). Notre conviction est donc que Jacques Cur
a pratiqué lui-même l'alchimie, ou du moins qu'il
a vu élaborer sous ses yeux la " pierre au blanc
" par le fer " essencifié " et trois fois
cuit. "
Bourges, Palais
Coeur, Salle d'apparat, Loge aux musiciens.
LA COQUILLE (Page 178) :
" Parmi les hiéroglyphes
favoris de notre argentier, la coquille Saint Jacques tient,
avec le cur, une place prépondérante. Les
deux images en sont toujours accouplées ou disposées
symétriquement, ainsi qu'on peut le voir sur les motifs
centraux des cercles quadrilobés du fenestrage, des balustrades,
des panneaux et du marteau de porte, etc. Sans doute y a-t-il,
dans cette dualité de la coquille et du cur, un
rébus imposé sur le nom du propriétaire,
ou sa signature stéganographique. Cependant, les coquilles
du genre peigne (pecten jacoboeus des naturalistes) ont toujours
servi d'insigne aux pèlerins de Saint Jacques
La
Mérelle de Compostelle
sert, dans la symbolique
secrète, à désigner le principe Mercure1,
appelé encore voyageur ou pèlerin. Elle est portée
mystiquement par tous ceux qui entreprennent le travail et cherchent
à obtenir l'étoile (compos stella)... Rien de surprenant,
dès lors, que Jacques Cur ait fait reproduire, à
l'entrée de son palais, l'icon peregrini si populaire
chezles souffleurs (alchimistes) du Moyen Age
Note 1 : le Mercure est l'eau benoîte des Philosophes.
Les grandes coquilles servaient autrefois à contenir l'eau
bénite ; on les rencontre encore fréquemment dans
beaucoup d'églises rurales."
TRISTAN ET YSEULT (Page 180) :
" Venons donc à
la pièce la plus curieuse et la plus originale du Palais.
C'est un joli groupe, sculpté sur un cul-de-lampe, qui
orne la chambre dite du Trésor. On assure qu'il représente
la rencontre de Tristan et d'Yseult. Nous n'y contredirons pas,
le suet ne changeant rien, d'ailleurs, à l'expression
symbolique qu'il dégage. Le beau poème médiéval
fait partie du cycle des romans de la Table Ronde, légendes
hermétiques traditionnelles renouvelées des fables
grecques. Il se rapporte directement à la transmission
des connaissances scientifiques anciennes, sous le voile d'ingénieuses
fictions popularisées par le génie de nos trouvères
picards.
Au centre du motif, un coffret creux et cubique fait saillie
au pied d'un arbre touffu dont le feuillage dissimule la tête
couronnée du Roi Marc. De chaque côté apparaissent
Tristan et Yseult, celui-là coiffé du chaperon
à bourrelet, celle-ci d'une couronne qu'elle assujettit
de la main droite. Nos personnages sont figurés dans la
forêt de Morois, sur un tapis de hautes herbes et de fleurs,
et fixent tous deux leur regard sur la mystérieuse pierre
évidée qui les sépare. Le mythe de Tristan
de Léonois est une réplique de celui de Thésée
Nous retrouvons ici l'hiéroglyphe de fabrication du Lion
vert, d'où le nom de Léonois ou Léonnais
porté par Tristan
Combat singulier des corps chimiques
dont la combinaison procure le dissolvant secret et le vase du
composé
LE ROI (Page 181 ):
" Ce dissolvant peu commun
permet la réincrudation de l'or naturel, son amollissement
et le retour à son premier état sous la forme saline,
friable et très fusible. C'est là ce rajeunissement
du roi que signalent tous les auteurs, début d'une phase
évolutive nouvelle, personnifiée, dans le motif
qui nous occupe, par Tristan, neveu du Roi Marc. En fait, l'oncle
et le neveu ne sont, chimiquement parlant, qu'une même
chose, de même genre et d'origine semblable. L'or perd
sa couronne en perdant sa couleur, durant un certain laps de
temps et s'en voit dépourvu jusqu'à ce qu'il soit
parvenu au degré de supériorité où
l'art et la nature peuvent le porter
Remarquons encore que la reine est à la fois l'épouse
du vieillard et du jeune héros, afin de maintenir la tradition
hermétique qui fait du roi, de la reine et de l'amant
la triade minérale du Grand uvre. "
A propos de la rose et de la
roue qui évoque SAINTE CATHERINE D'ALEXANDRIE, chère
à jacques Cur, il écrit, page :
" Au Moyen Age, la rose
centrale des porches se nommait Rota, la roue. Or, la roue est
l'hiéroglyphe alchimique du temps nécessaire à
la coction de la matière philosophale et, par suite, de
la coction elle-même. Le feu soutenu, constant et égal
que l'artiste entretient nuit et jour au cours de cette opération
est appelé, pour cette raison, feu de roue. "
AUTRES PAGES
JACQUES COEUR ET L'ALCHIMIE
- 1 INTRODUCTION
- 2. LE TRISTE SORT DE LALCHIMISTE
DE BARGEMON
- 3. FULCANELLI
- 4. EUGENE CANSELIET
- 5. LUVRE ROYALE DE
CHARLES VI
- 6. VAN LENNEP
- 7. AUTRES REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
- 8. LA LETTRE AUX ARQUEMIENS
- 9. DEFINIR LALCHIMIE
- 10. LE LIVRE DE PIERRE DE JACQUES
COEUR
- 11. LE CHEVALIER AU CUR
ET A LA COQUILLE
- 12.BERNARD CHAUVIERE
- 13. MERINDOL
- 14. LHOMME AUX YEUX DEMERAUDE, impressions dun lecteur.
- 15. VOTRE AVIS SUR LA QUESTION ?
- 16. CONCLUSION
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