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2. LE TRISTE SORT DE L'ALCHIMISTE DE BARGEMON Pour ne pas perdre de vue que la pratique de lalchimie avait plus intérêt à rester secrète quà être chantée à la ronde, voici quelques extraits de courrier relatant la triste aventure de lAlchimiste de Saint Auban/Bargemon, près de Grasse. Les interrogatoires auxquels il fut soumis rappellent la « mise à la question » subie par Jacques Cur dans les prisons royales après 1451. Linfortuné « philosophe » est arrêté en mai 1711 sur les ordres de Louis XIV. Archives de la Bastille, volume 12, selon archives B.N.F., extraits de la page TROIN_DELISLE du site internet YVONPIERRE.FREE.FR : D13 M. Desmaret à M. dArgenson, décembre 1711 : « Vous êtes sans doute informé que le nommé de Lisle, qui prétend avoir le secret de convertir le fer et le plomb en or et au argent, est depuis plusieurs mois à la Bastille. » D15, lettre de M. dArgenson à M. Denointel : «1 février 1712. Le pauvre de Lisle finit hier tous ses interrogatoires par sa mort, survenue hier vers dix heures du soir. Sa maladie commença, sur les 5 heures du matin, par un vomissement qui lui était fort ordinaire et qui redoubla de deux heures en deux heures ; mais comme on n'y remarqua rien de singulier, on se contenta de lui faire les remèdes qu'on était en usage de pratiquer quand les mêmes accidents lui arrivaient, et l'on n'y vit rien, sinon qu'un demi-quart d'heure avant qu'il expirât, il lui prit une faiblesse qui lui fit perdre la parole et la connaissance, en sorte que l'on ne s'aperçut pas de son dernier soupir Voilà une copie de mon procès-verbal et du rapport des chirurgiens et des médecine de la Bastille qui ont assisté à l'ouverture du corps de ce malheureux Provençal nommé de Lisle qui, sans doute, a mieux aimé mourir que de révéler le secret de ses friponneries. Il semble, suivant ce rapport, que sa mort est toute naturelle; cependant je soupçonne toujours qu'elle a été précipitée, et j'aurai l'honneur de vous dire vendredi matin les motifs de ma conviction. On continuera de tenir cette mort secrète, comme on le pratique ordinairement » La lecture du livre de VAN LENNEP regorge d'exemples de ce type. Si certains chefs d'état furent plus éclairés que d'autres, Jacques Coeur, si tant est qu'il fut véritablement alchimiste, ce dont je suis personnellement convaincue, aurait connu le même sort que le Sieur Delisle si ses amis fidèles n'étaient venus le délivrer. RETOUR
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